Dans l’euphorie des premiers flocons,
Bottés, gantés, emmitouflés,
Armés de pelles et de nos mains,
Nous avons suivi les enfants
Pour construire un bonhomme tout blanc.
Rond, ventru, les bras en épouvantail,
Il se dresse fièrement dans le jardin,
Hiératique à l’allure d’un pharaon.
Habillons-le, il aura l’air moins nu
Le bonhomme ventru :
Plus de charbon dans notre ère spaciale,
Alors, pour les yeux, deux bouchons feront l’affaire.
Le nez ? Une carotte sortie des poches de Solenne,
Autour du cou : une longue écharpe de laine,
Sur la tête, un grand chapeau de paille
Pour le protéger de la température hiémale.
Stoïque, il semble nous narguer,
Appuyé sur un balai !
Température radoucie,
Pour lui, plus de vie.
Il penche en fondant,
Tristesse des enfants.
Il a l’air d’un pantin désarticulé
Triste et dérisoire, avec sa tête penchée.
Il n’a même plus l’air vivant
Qu’il semblait avoir avant !!
Neige fondue,
Il a disparu ….